Attention, la segmentation change
La fidélité et la publicité sont principalement centrés sur la segmentation du marché – plutôt sur la vision de cette segmentation par les grands médias et les grandes entreprises. Cette vision est celle qui a été imposée par ces médias, et grands acteurs statistiques depuis les années 50, depuis le commencement de la publicité. Nous avons donc tous été ciblés en fonction de notre sexe, âge, catégorie professionnelle, de notre situation de famille… bref sur des éléments tangibles et statistiques. Cette segmentation est basée sur les médias traditionnels, permettant de justifier un retour sur investissement potentiel et surtout le prix de la publicité dans ces médias.
Mais l’avènement des réseaux sociaux change la donne. Ce qui pouvait être vrai hier va devenir obsolète très prochainement. Y a-t-il encore de l’intérêt à payer pour de l’affichage en pleine rue, à des prix exorbitants, et sans pouvoir mesurer réellement le retour sur investissement, pendant que les passants, voir automobilistes sont tous le nez sur le téléphone à surfer sur Facebook ou Twitter ? La segmentation change, et cela va impacter toute la chaine des médias, de la publicité, et la manière de percevoir nos clients.
Facebook et les autres réseaux sociaux nous permettent de connecter non plus en termes de sexe, d’âge, de situation professionnelle ou de famille, mais en fonction de nos goûts, de nos passions, de nos désirs et de nos humeurs. Un adolescent de famille défavorisé au milieu du cantal peut être connecté avec un trader senior à New York, car ils partagent une même passion. Et ce schéma change la vision que nous avons de la segmentation du marché et de l’impact de nos actions marketing. Qu’est ce qui ramène le plus de ROI ? La segmentation traditionnelle ou la segmentation « passionnelle » ? La réalité est que l’adolescent du Cantal est beaucoup plus prône à partager et répandre votre message s’il le touche. L’impact : une communauté entière et très ciblée qui réagit.
Toute la difficulté des annonceurs, instituts statistiques et des entreprises en général est de mesurer le ROI d’une telle segmentation passionnelle car les outils d’avant ne fonctionnent plus. Et ces organismes doivent toujours justifier de ROI pour annoncer leurs prix. La grande différence avec les réseaux sociaux est qu’ils ne participent pas du « one shot », mais que la relation se construit avec le temps. Ce retour sur investissement est donc beaucoup plus difficile à apprécier. Néanmoins, chaque entreprise, en étant authentique, se construit une réelle communauté capable d’interagir. Le plus important maintenant pour les entreprises est d’écouter.

A titre d’exemple, le pôle spécialisé de Tematis | Challenge commercial organise de très nombreuses opérations chaque année. Récemment, pour un client national, la problématique était de stimuler les ventes tout en fédérant les clients face à une concurrence rampante. La solution trouvée fût d’organiser des activités de « team building » valorisantes [ex. pilotage sur circuit, etc…] avec les meilleurs performeurs par région. Chaque événement a été filmé, photographié, des témoignages ont été pris afin de communiquer sur l’événement via un site internet dédié. Ce site est maintenant une plateforme de souvenirs pour les participants, mais aussi d’information et de contact pour l’entreprise et ses clients. Cette opération est renouvelée chaque année, et la stimulation commerciale est autant attendue que les activités et challenges sur le terrain. Un double bonus pour l’entreprise qui réussit le pari de fidéliser dans un environnement concurrentiel, mais aussi d’accroître ses marges et parts de marché grâce à cet exercice.
Pourtant, les entreprises continuent d’adapter des solutions marketing de marché de masse, avec peu de résultats. Par exemple, la segmentation par comportements marche peu car en B to B, un client peu utiliser le produit pour de multiples applications et dans ce cas, seul le prix l’intéresse. La segmentation en catégories de besoins similaires fonctionne peu également car les clients utilisent des par exemple des machines et matériaux de manière différentes. Chaque client a besoin d’un produit et d’un prix sur mesure.
Les vendeurs, conseillers de clientèle ou toute autre personne en « front office » est le premier ambassadeur de votre société. Dès que le client franchit la porte du magasin, le client a affaire à votre représentant. Un sourire, une porte que l’on ouvre, un compliment permet de faire toute la différence sur le ressentit du client. S’intéresser, trouver un point d’intérêt, lui faire raconter « son histoire » permet de se rapprocher de la vente mais aussi de la fidélisation. Le personnel en contact direct avec vos clients sont ainsi clefs dans la démarche et peuvent soient vous permettre de performer, soit au contraire vous faire perdre vos ventes de manière significative.
En effet, tous les clients ne sont pas égaux, ne vous rapportent pas la même marge, ne communiquent pas nécessairement vos valeurs, alors pourquoi essayer fédérer des ensembles qui ne peuvent pas être homogènes. C’est comme apprendre à chanter à un cochon, cela ne sert à rien. Et donc au lieu de suivre les désidératas de tous vos clients parce qu’ils vous le demandent, segmenter votre offre de fidélisation, compartimentez-là en fonction de vos catégories de clients.
La réponse a pris par surprise. Environ la moitié de ces clients qui ont effectué des achats réguliers pendant au moins deux ans et ont donc été désignés comme “loyal” ont à peine généré un bénéfice. En revanche, environ la moitié des clients les plus rentables ont été par l’achat d’un grand nombre de produits à marge élevée en peu de temps avant de disparaître complètement.
Cross-selling, up-selling, utilisez les informations ainsi glanées pour maximiser vos leviers de croissance. La clef de succès réside dans le traitement de l’information. Choisissez également un système de rétribution/valorisation du client adapté à la fois au client ainsi qu’à votre image et votre communication. Certains mettent en avant que seul le droit à remise est intéressant car il ne peut que vous faire gagner de l’argent, mais ce système trouve des limites, notamment dans les secteurs du luxe où la remise peut ne pas être de bon ton. Donc mixez les systèmes de rétribution afin de coller au maximum aux attentes des consommateurs tout en optimisant vos résultats. (référez-vous à l’article « Quelle récompense pour ma fidélité »
Autre point important : les clients vous donnent leur avis, mais regardez également les chiffres ! Car ceux-ci viendront confirmer ou infirmer ce que vous disent vos clients. Parfois, la parole est contraire aux faits. Les taux de conversion sont-ils forts ? Le nombre d’enrôlés dans le programme est il en croissance constante ? Les dotations sont elles utilisées ? le programme de fidélité est il en ligne avec le retour sur investissement projeté ? Est-ce que les nouveaux membres se confirment en acheteurs récurrents ? Autant de données à valider impérativement pour s’assurer que le programme fonctionne, mais aussi pour analyser le besoin de changement ou non.
Récompense économique : cela comprend les réductions de prix, les coupons de réduction. Les personnes les plus attentives à leur budget seront sensibles à ces récompenses.
De plus, les architectures de vos sites peuvent différer et votre dédié peut bénéficier soit d’une avancée technologique – si vous investissez dans le médium web – ou au contraire d’un retard de technologie – si vous ne voulez pas investir dans le web. L’avantage est que votre site est propre à votre opération. Vous pouvez emprunter un thème pour telle opération de fidélisation, et en choisir un autre plus tard dans l’année.
Utilisez la newsletter pour communiquer différemment. Votre site internet, vos brochures et autres outils mettent en avant le plus souvent une communication institutionnelle car générale, adressée à tous. La newsletter est au contraire, l’outil qui vous permet de communiquer de manière plus « intime » à vos clients. Optez pour une fréquence raisonnable (bi-mensuelle par exemple) pour un message institutionnel. Communiquez de manière ad-hoc pour une opération commerciale, et surtout, sensibilisez vos clients sur votre entreprise, vos services, vos produits.
Voici en quelques lignes, les techniques de fidélisation qui doivent vous permettre d’accentuer le retour sur investissement par client :
Alors peut-on réellement donner une somme d’argent, par exemple dans un système de parrainage ? Et est-ce efficace ? L’expérience démontre que cette pratique est efficace, néanmoins il convient de prendre des précautions pour éviter les travers. Il faut cadrer des points très précis et notamment, le nombre de vente réalisées pour bénéficier des avantages, le nombre de référents présentés, le nombre ou la valeur de ventes réalisées par les référents… Les montants que vous allez donner à chaque opération sont également à définir. La pratique est-elle efficace ? Oui. Le client agit d’avantage en tant que référent et est remercié financièrement. La pratique fonctionne car les consommateurs ont besoin d’argent. Les principaux programmes de parrainage des banques sont uniquement basés sur ce système : le parrainage d’un nouveau client donne droit à 50 Euros sur son compte. La méthode est d’autant plus efficace face à la crise.

Nous pensons qu’à défaut de pouvoir passer beaucoup de temps avec son client, le commercial ou chargé d’affaires devrait passer un moment qualitatif avec celui-ci. Il s’agit de partager un moment fort avec son client qui permettra de connecter avec ce dernier et d’instaurer la relation de clientèle sur un autre niveau que commercial. Par exemple, de nombreuses banques privées anglo saxonnes, mais aussi nordiques ou arabes, organisent régulièrement des événements en comité restreint afin de réaliser cette connexion entre chargés d’affaires et clients. Qu’il s’agisse de week-end au ski, de séjour à la découverte du Sahara ou de pilotage de voitures de course sur circuit, tout est bon pour rencontrer son client et partager un moment fort avec lui. Ces banques ont bien pris la mesure de l’efficacité de telles opérations puisque nous estimons qu’elles permettent d’accroitre de 30% les actifs en gestion par client.